Lectures

Les textes bibliques proposés, en ce dimanche du 17 janvier 2021, évoquent admirablement bien des appels de Dieu. Ce qui frappe dans le récit de la première lecture comme dans celui de l’évangile, c’est que Dieu appelle par l’intermédiaire de témoins : le prophète Élie pour Samuel, Jean Baptiste pour les premiers apôtres. Ces pages suggèrent que Dieu ne surgit pas dans notre vie sans médiation, sans relais, sans témoins. André et son compagnon auraient-ils pu découvrir le Messie sans Jean Baptiste, Simon-Pierre sans son frère André, Nathanaël sans Philippe ? Nous allons donc à Dieu par l’autre : par un regard, un sourire, un geste, un mot d’encouragement, etc. C’est dire toute l’importance de la transmission de la foi dans la vie de tous les jours.

La démarche des premiers disciples ressemble à un parcours où, progressivement, ils découvrent la personne et le message de Jésus dans leur vie. Il semble bien que la condition pour faire cette découverte est de se mettre en route et le suivre : « Venez et vous verrez ! ». Cette condition pose un problème, car c’est toujours plus facile de dire et de chanter que nous voulons suivre Jésus plutôt que d’entreprendre réellement la marche. Marcher est exigeant, cela oblige à quitter un certain confort, un certain équilibre et surtout, des certitudes. Nous sommes pourtant invités à faire la même démarche que les premiers disciples de l’évangile : nous mettre en route et suivre le Christ sur le chemin de la vie.

Il y a des jours où on aimerait vivre notre foi comme une évidence avec des preuves indiscutables et avec des appels de Dieu lumineux comme ceux mis en scène dans les films hollywoodiens. Aujourd’hui, la Parole de Dieu oriente notre regard dans une autre direction : plus discrète et certainement plus fidèle à la réalité : « Venez et vous verrez ! » Il y a dans cette invitation une part d’inconnu et de risque, mais aussi un vibrant appel à la confiance. Transmettre la foi à nos enfants, nos petits-enfants, aux adolescents et adultes de la paroisse qui demandent à être baptisés ou confirmés comporte une part d’inconnu et de risque, mais aussi un appel à la confiance en Celui qui nous met en route. Car c’est en prenant la route que nous sommes invités à découvrir progressivement le Ressuscité dans notre vie et à être pour l’autre, une courroie de transmission de la Bonne Nouvelle. Bonne semaine et bonne route !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du dimanche 17 janvier 2021


La liturgique de l’Église nous présente, en ce dimanche du 10 janvier 2021, Jésus qui s’invite dans les eaux du Jourdain. Cette page de l’évangile de Marc est l’une des plus anciennes écrites à propos de Jésus. On reconnaît bien le style concis de l’évangéliste : du baptême de Jésus, il écrit à peine trois petites phrases, mais l’essentiel y est. Jésus se met dans la file des pécheurs, il demande le baptême alors qu’il n’en a pas besoin. Il démontre ainsi qu’il est pleinement solidaire de ses contemporains. Il n’est pas de ceux et celles qui s’érigent en « gérant d’estrade ». Jésus ne dit pas ce qu’il « faut faire », il
« fait » : il plonge, il met la main à la pâte, il est solidaire des chercheurs de Dieu.

À n’en pas douter, cette page de l’évangile de Marc est plus que la description journalistique d’un évènement : elle est une catéchèse ou mieux encore, une véritable profession de foi. C’est à la lumière de toute la vie de Jésus, particulièrement de sa mort et de sa résurrection, que l’évangéliste fait pour nous une relecture du baptême de Jésus. Il nous invite à voir ce que nos yeux à eux seuls ne peuvent voir. Il voit, dans le baptisé du Jourdain, celui qui a marché sur nos routes humaines, partageant ainsi nos fragilités et nos souffrances. Il voit aussi celui qui a parlé comme nul autre prophète n’avait parlé auparavant, alors émerge une conviction profonde : en Jésus, Dieu se reconnaît totalement, il est son « Fils bien aimé ». Il voit un passage, une voie de communication qui s’ouvrent entre le Ciel et la terre : « Il vit les cieux se déchirer ».

Cette courte page de l’évangile de Marc peut éclairer notre propre baptême. Elle nous rappelle que le baptême n’est pas qu’une inscription dans un registre ni une assurance magique contre les mauvais esprits. Par le baptême nous inscrivons notre vie dans une direction, celle empruntée par le Christ. En cela, nous sommes appelés à quitter le poste de « gérant d’estrade » et à poser des gestes concrets de solidarité. Notre baptême ouvre une fenêtre sur Dieu, alors n’hésitons pas, malgré le confinement qui commence, à ouvrir cette fenêtre et à laisser passer le souffle de l’Esprit-Saint dans nos relations et dans nos réalisations. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du 10 janvier 2021


Découvrir sa présence

Entre Noël et le Jour de l’An, chaque année, une léthargie bienfaisante engourdit la maison familiale. Ma mère nous ramène à la réalité : elle nous embrigade dans le grand ménage d’un placard négligé. Nous retrouvons quelques cadeaux de mariage sur les tablettes moins accessibles. Chaque pièce d’artisanat, chaque objet a une histoire. Un simple linge à vaisselle évoque le savoir-faire transmis de génération en génération. On enfile les récits : la journée des noces, la lune de miel, les naissances…

Ces modestes objets nous ramènent à notre vocation familiale : donner la vie, la protéger, la laisser croître. On discerne parfois dans les événements racontés la générosité du Tout-Autre à notre égard… Notre famille est certes loin de vivre en toute sainteté, mais sous la protection discrète de Marie et Joseph, les enfants peuvent y grandir coeur et corps, comme autrefois Jésus, à Nazareth.

Admirons ces humbles cheminements avec Dieu, comme ceux d’Anne et de Syméon, dans la lecture évangélique de ce dimanche. Jadis, Joseph et Marie ont présenté au Temple leur fils en faisant don de deux oiseaux. Osons offrir à Dieu le quotidien de nos familles. Rendons-lui aussi l’hommage d’un lieu concret pour sa présence. Il suffit parfois qu’une rage de grand ménage se heurte à un cadeau de mariage oublié sur une tablette…

Alain Faucher
Prions en Église du 27 décembre 2020

Évangile du dimanche 27 décembre 2020 – Dimanche de la Sainte Famille


La Liturgique de l’Église nous présente un évangile que nous connaissons bien. Il fait partie des histoires merveilleuses de notre enfance. Cela s’est-il réellement passé de la sorte ? Est-ce un récit historique ? Personne ne peut ni le confirmer ni l’infirmer. Toutefois, nous savons aujourd’hui que les récits de l’enfance de Jésus ont été écrits longtemps après la mort et la résurrection de Jésus. Ce sont même les derniers chapitres de l’évangile de Luc à avoir été rédigés. Cette page de l’évangile est donc chargée d’une riche réflexion théologique, mûrement commentée et méditée dans les premières communautés chrétiennes. Il serait donc prudent d’accueillir cet évangile d’abord comme une catéchèse, un enseignement précieux, dont le but de son auteur est de nous dévoiler l’identité profonde de l’enfant qui va naître

Le jour où Marie a reçu la visite de l’ange Gabriel marque une nouvelle ère. Désormais, rien ne sera plus comme avant, car toutes les promesses de l‘Ancien Testament trouvent en ce jour leur accomplissement. Avez-vous remarqué que chacune des paroles de l’ange évoque ces promesses ? Nous avons là un petit condensé de ce qui constitue le coeur de l’Ancien Testament : l’attente du Messie. Face à toutes les annonces de l’ange, la réponse de Marie est empreinte d’une confiance totale au projet de Dieu. Saint Paul traduit cette confiance totale par « l’obéissance de la foi » dans sa lettre aux Romains

Très tôt, les premières communautés chrétiennes ont fait un rapprochement entre Marie et l’Église naissante : L’Église, comme Marie, porte le Christ et le présente au monde sur le chemin de la foi. Dans cet esprit, la parole de l’ange « Sois sans  crainte ! » est un encouragement qui s’adresse aussi bien à Marie qu’à l’Église. Cet encouragement vient balayer des réflexes de repli sur soi et de découragement face à la mission que Dieu confie à Marie et à son Église. Aujourd’hui, le Seigneur continue à appeler des jeunes et des moins jeunes, des hommes et des femmes de divers horizons. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie, mais plutôt par les personnes qu’il met sur notre route et dans les événements que nous sommes appelés à vivre. Alors, soyons sans crainte, avançons sur des chemins inédits, car Marie, la mère du Sauveur nous accompagne sur la route ! 

Yvan, animateur paroissial 

Évangile du dimanche 20 décembre 2020


REDÉCOUVRIR LE NOTRE PÈRE

Le Notre Père ne veut souvent rien dire pour les jeunes. La majorité d’entre eux ne saurait le réciter. Parmi ceux qui le peuvent, peu en comprennent toute la profondeur. Ce constat m’amène à leur faire vivre une expérience particulière : réciter la prière de Jésus à l’envers. En effet, on en saisit mieux le sens en procédant ainsi. Tentons l’expérience…

« Délivre-nous du mal ». Tout part de là ! Le peuple hébreu crie dans le désert pour être enfin libéré, et il le sera. Jésus nous libérera de la mort et le baptême en est le signe visible. Maintenant que nous sommes libres, le Seigneur « ne nous laisse pas entrer en tentation », car nous pourrions alors vénérer de faux dieux, comme dans le désert, et oublier qui nous sauve vraiment. Si nous tombons, « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Oui, nous connaîtrons des rechutes, mais Dieu nous pardonnera. Et afin d’obtenir la force d’affronter ces épreuves, « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Après la manne dans le désert, voici maintenant le pain eucharistique.

En échange, dans ce contrat d’alliance, nous travaillerons pour « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », sachant que la volonté de Dieu ne se résume pas aux événements qui nous arrivent, mais à ce que nous faisons au coeur de ceux-ci pour demeurer fidèles et nous aimer les uns les autres. Ce faisant, nous serons des artisans, travaillant pour « que ton règne vienne, que ton nom soit sanctifié », car nous reconnaissons Dieu comme « Notre Père qui es aux cieux ».

Et voilà que les jeunes découvrent soudain une prière pleine de sens ! Et vous ?

Dany Dubois,
Prions en Église, 22 novembre 2020


EN SITUATION D’URGENCE , QUELS PATIENTS PRIVILÉGIER ? Une réflexion de Mgr Bertrand Blanchet, archevêque de Rimouski

La COVID-19 a entraîné les professionnels des soins de santé dans des situations inédites. Rappelons-nous les premières semaines de la pandémie alors qu’on se demandait si l’on allait manquer de lits, de respirateurs, de vêtements protecteurs, de masques, etc. Derrière ces inquiétudes se profilaient les visages humains de patients en détresse.

  • Des choix d’une rare difficulté
    Aux États-Unis, quelques États ont émis des plans d’urgence obligeant les hôpitaux à ne pas fournir de ventilateurs « aux personnes souffrant de handicaps intellectuels et cognitifs » , s’ils venaient à se raréfier. Plusieurs groupes de personnes handicapées ont vivement protesté.
    Au Québec, un groupe d’experts a élaboré un protocole statuant qu’ « un médecin pourrait […] refuser l’accès à un respirateur à une personne souffrant de trisomie 21 ou aux prises avec un trouble de l’autisme sévère ». Interrogée à ce sujet, la ministre de la Santé a pu répondre que les médecins n’avaient heureusement pas eu à effectuer ce choix.
    Les personnes qui ont formulé ces propositions les estimaient sans doute regrettables, mais inévitables, comme cela peut arriver en condition de médecine de guerre ou de catastrophe.
  • Quelques repères éthiques
    Un regard éthique s’impose plus que jamais pour dégager quelques repères, tout en faisant preuve de réalisme.
    Rappelons un principe universel : tous les êtres humains sont égaux en dignité et commandent un respect inconditionnel. Dans cet esprit, le terme « triage » des patients n’est peut-être pas le plus approprié. Mieux vaudrait celui de « choix à faire » qui convient mieux à des personnes.
    Concrètement, en situation d’urgence, comment choisir ? Traiter d’abord les premiers patients arrivés ? Les plus jeunes ? Les personnes aux importantes fonctions sociales ? Celles qui ont les meilleures chances de survie ? Proportionner les soins selon les bénéfices escomptés ?
    Il faut dépasser le classement en catégories pour donner le juste soin au juste patient dans les conditions qui sont les siennes. Chacun doit être évalué pour lui-même et non en fonction des autres. Idéalement, les évaluations et décisions doivent être prises de manière interdisciplinaire et collégiale et tenir compte de plusieurs données. Par exemple : 
  • le respect de la volonté et des valeurs des patients, qu’elles soient exprimées par eux-mêmes ou par leurs proches. C’est le cas, en particulier, lors d’une réanimation;
  • la condition antérieure des patients : leur âge, leur morbidité, leur état neurocognitif;
  • la gravité de leur état actuel, par exemple la défaillance de certains organes;
  • l’évaluation de leur confort : douleurs, anxiété, agitation, difficulté de respirer ou d’expectorer (les équipes médicales utilisent un « indice de fragilité » aidant à poser un regard global sur ces conditions);
  • en dernier recours, les soins palliatifs qui offrent le milieu le mieux adapté à la condition précaire et aux valeurs des patients.

Vivre avec un handicap, être atteint d’une démence modérée ou se trouver à un âge avancé ne place donc pas automatiquement une personne dans une catégorie qui la priverait de soins appropriés.
Cette affreuse pandémie nous aura aussi révélé l’admirable dévouement de tant de soignants qui, souvent au péril de leur vie, ont révélé leur coeur de bon Samaritain.

Source : Prions en Église du 25 octobre 2020


Dernière mise à jour de cette page : 15 janvier 2021