Lectures

En ce 24e dimanche du temps ordinaire, nous arrivons au beau milieu de l’Évangile de Marc. Jusqu’ici son Évangile avait des allures de marche triomphale : Jésus traverse la Galilée en guérissant des malades, en chassant les esprits mauvais et en suscitant l’espoir d’un  monde meilleur. Nous avons vu les apôtres suivre Jésus dans ses déplacements et dans ses enseignements comme dans ses temps de prières et de repos. On peut affirmer que ces hommes qui ont marché au côté de Jésus n’ont pas fait seulement un parcours géographique, ils ont aussi vécu un véritable parcours spirituel. Voilà que nous assistons en ce dimanche à un tournant important : le moment est venu pour les apôtres de prendre position. Ce Jésus qui marche sur nos routes humaines est bien plus que le fils de Marie et de Joseph. Autour de lui, on doute. Est-il vraiment le Messie, le Fils de Dieu ou bien, comme semblent le penser plusieurs de ses contemporains, a-t-il tout simplement perdu la tête ?

« Et vous, que dites-vous, pour vous qui suis-je ? » Aujourd’hui, la question nous est adressée personnellement. Nous connaissons la réponse de Pierre. Connaissons-nous aussi bien comment Jésus s’est présenté à nous de différentes manières pour se décrire et pour exprimer le mystère qui l’habitait ? « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. » « Je vous le déclare, c’est la vérité, je suis la porte. Celui qui entre en passant par moi sera sauvé. » « Si tu connaissais celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné l’eau vive. » « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » « Je suis le pain de la vie. » « Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » « Je suis la vigne et mon Père est le vigneron. Demeurez unis en moi comme je demeure uni à vous. »

Parmi toutes les images évoquées par Jésus pour se décrire, il y en a probablement une qui nous rejoint particulièrement, parce qu’elle touche l’une de nos sensibilités ou une expérience vécue personnellement. Alors, cette semaine, portons cette image au plus profond de notre coeur pour en témoigner auprès de ceux et celles qui croiseront notre route. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du dimanche 12 septembre 2021


Une très belle réflexion signée Alain Roy
dans le Prions en Église du 29 août 2021


La liturgie de l’Église nous présente, en ce 22e dimanche du temps ordinaire, une vive altercation entre Jésus et des pharisiens. Les disciples de Jésus ne respectent pas des rituels comme le commande la Tradition des anciens. Les pharisiens assuraient l’animation de la vie religieuse et liturgique de leur village et ils étaient soucieux de perfection spirituelle. Ils croyaient atteindre cette perfection par l’observance rigoureuse des nombreux préceptes religieux contenus dans la Loi. Ils voulaient ainsi se garder purs de tout ce qui pouvait les détourner de Dieu. Cette attitude avait du mérite et Jésus comptait plusieurs amis parmi ce groupe d’hommes dévoués. Toutefois, était-il absolument nécessaire de faire des ablutions au retour du marché ? Est-ce vraiment rendre un culte à Dieu que de laver les coupes, les cruches et les plats ? Pharisiens et scribes l’affirmaient. La réaction de Jésus surprend et choque, car lui aussi était fidèle à la Loi et à la Tradition. Alors, pourquoi ces reproches virulents à l’égard de ceux qui prennent le même chemin que lui ? Qu’ont-ils fait de mal ?

En racontant cet échange houleux entre Jésus et des pharisiens, l’évangéliste Marc lève le voile sur un trait important de l’identité de Jésus. Le Fils de Dieu ne cesse de s’élever contre toute exclusion au nom de la religion et au nom de Dieu. C’est la toile de fond de toutes ses controverses avec les autorités religieuses. Pour Jésus, c’est mal comprendre la Loi que de croire qu’il faut être « pur » et séparé des autres pour s’approcher de Dieu ! Au-delà des conventions sociales, des coutumes et des traditions, Jésus tente d’ouvrir nos esprits et nos coeurs. Il nous invite à rejeter toutes les tendances qui, au nom de Dieu, des traditions et des conventions sociales, servent à exclure ou porter un regard méprisant sur l’autre.

« Se garder propre au milieu du monde », comme nous y invite saint Jacques dans la deuxième lecture, c’est un peu ce que cherchaient les pharisiens en suivant scrupuleusement tous les préceptes de la Loi. Jésus n’est pas contre les traditions, mais plutôt contre une attitude, une façon de s’en servir. Pour lui, le plus important, c’est de surveiller ce qui se passe dans notre coeur. Que je respecte ou non les Traditions des anciens, est-ce que le regard que je porte sur les autres est celui de Dieu ? Voilà la question qui nous est posée aujourd’hui. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Lectures du dimanche 29 août 2021
https://www.aelf.org/2021-08-29/romain/messe


Le mouvement religieux « pharisien » est né vers 135 av. J.-C. d’un désir de conversion ; son nom qui signifie « séparé » traduit un choix : le refus de toute compromission politique, de tout laisser-aller dans la pratique religieuse ; deux problèmes qui étaient à l’ordre du jour en 35. Le pharisianisme (en tant que mouvement) est donc tout à fait respectable. Et Jésus ne l’attaque jamais. Il ne refuse pas non plus de leur parler (Nicodème, Jn 3 ; Simon, Lc 7). Mais le plus bel idéal religieux peut avoir ses écueils : la rigueur d’observance peut engendrer une trop bonne conscience et rendre méprisant pour ceux qui n’en font pas autant. Plus profondément, vouloir être « séparé » n’est pas sans ambiguïté ; quand on sait que le dessein de Dieu est un projet de rassemblement dans l’amour. Ces déviances ont inspiré quelques paroles dures de Jésus : elles visent ce que l’on appelle le « pharisaïsme » ; de cela tous les mouvements religieux de tous les temps sont capables.
Marie-Noëlle Thabut, bibliste


La Liturgie de l’Église nous offre, en ce 21e dimanche du temps ordinaire, la conclusion du sixième chapitre de l’Évangile de saint Jean. Ce chapitre a commencé avec le récit de la Multiplication des pains et se termine aujourd’hui dans la tourmente. Les disciples qui ont suivi Jésus sont scandalisés par son insistance à parler de sa chair et de son sang pour recevoir la vie. Même les apôtres sont déroutés par les propos surprenants de Jésus. Pour eux, le problème portait sur la façon dont Jésus pouvait donner sa chair à manger alors que pour nous, citoyens du 21e siècle, le problème est plutôt la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ. Il s’agit pourtant du même mystère : Jésus se donne lui-même en nourriture.

Ce ne sont pas les ennemis de Jésus qui opposent un refus catégorique à ses propos. Ce sont ses disciples, des hommes et des femmes qui l’admiraient et qui le suivaient depuis un certain temps, car ils ont été témoins des signes extraordinaires que Jésus a faits à leur égard. Cette page de l’Évangile de Jean nous rappelle que la foi n’est pas une croyance, elle est un choix : le choix de faire confiance à quelqu’un. Parfois, il arrive que nous vivions notre foi comme un devoir sans engager réellement notre vie à la suite de Jésus. Il faut alors que survienne un évènement dramatique pour réveiller la foi qui sommeille en nous. Aujourd’hui, Jésus nous demande de choisir : « Voulez-vous partir vous aussi ? »

Au Québec, longtemps avons-nous associé la foi chrétienne à une somme de connaissances. Celui qui avait la foi connaissait son catéchisme ou avait suivi des parcours catéchétiques. Rappelons-nous que la foi chrétienne n’est pas d’abord un bagage de connaissances, mais plutôt un chemin. Sur ce chemin, la vie nous pousse à une foule de choix. Le plus souvent, c’est après coup que nous mesurons la portée d’un geste ou d’une rencontre qui a changé notre vie. La question que nous pose saint Jean en filigrane de son Évangile est la suivante : « Est-ce que votre rencontre avec Jésus a changé votre vie ? » Vivre en chrétien, c’est choisir chaque jour d’accueillir la personne et le message de Jésus dans l’ordinaire de notre vie. C’est, par le fait même, renoncer à d’autres voies qui s’offrent à nous. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du dimanche 22 août 2021


En cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie, la Liturgie de l’Église nous présente une belle page de l’Évangile de saint Luc. Fidèle à sa passion pour l’histoire, Luc nous présente un récit sur la naissance de Jésus. Il est l’un des évangélistes les plus prolifiques au sujet de l’enfance de Jésus. Grâce au travail minutieux des experts de la bible, nous savons aujourd’hui que les récits de l’enfance de Jésus ont été écrits longtemps après la mort et la résurrection de Jésus. Ce sont même les pages de l’Évangile de saint Luc à avoir été rédigées une fois son livre terminé. Le récit qui nous est offert aujourd’hui est donc chargé d’une riche réflexion théologique, mûrement réfléchie et méditée dans les premières communautés chrétiennes. Bien plus que le récit d’un événement historique, cet évangile est une catéchèse, un véritable témoignage de foi porté par les premières communautés chrétiennes sur l’identité de l’enfant qui va naître.

L’Évangile de Luc nous amène aujourd’hui à la croisée des chemins : l’Ancien et le Nouveau Testament se rencontrent. Elizabeth, héritière de l’Ancien Testament, reçoit la visite de Marie, héritière du Nouveau Testament. Il est intéressant d’observer l’attitude de Marie : elle ne peut garder pour elle-même la Bonne Nouvelle qui l’habite. Comme les apôtres Pierre et Jean au matin de Pâques, elle se met en route avec empressement pour partager la nouvelle, malgré la route montagneuse, malgré les obstacles qui se pointent à l’horizon. C’est comme si l’évangéliste Luc voulait nous communiquer un message important : il ne suffit pas d’écouter et d’accueillir la Bonne Nouvelle. Encore faut-il se lever et annoncer courageusement la Bonne Nouvelle à l’exemple de Marie, car la foi chrétienne est un trésor à partager.

En côtoyant saint Paul dans ses nombreux voyages missionnaires, Luc a probablement pris conscience que la foi chrétienne ne se transmet pas d’abord dans les livres, elle se transmet par des contacts humains, car la foi chrétienne est une histoire de relations, de visites et de services. À l‘exemple de Marie, mettons-nous en route avec empressement pour témoigner de la Bonne Nouvelle qui nous habite, sur le chemin des vacances comme sur celui du retour au travail. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du dimanche 15 août 2021


Un beau texte de Jacques Kabangu dans le Prions en église du 8 août 2021
sur le sens à donner à la Vie éternelle


Nous poursuivons, en ce dimanche des vacances, la lecture du fameux chapitre six de l’Évangile de saint Jean. Il s’agit d’un long chapitre qui commence par le récit de la Multiplication des pains et qui se poursuit avec le Discours sur le Pain de Vie. Au moment où Jean, aidé de ses disciples, écrit son évangile, soit environ 70 ans après la mort et la résurrection de Jésus, il y a déjà plusieurs années que les premiers chrétiens se rassemblent chaque semaine pour communier au corps et au sang du Christ, comme nous le faisons aujourd’hui. Pour cette raison, cet Évangile est non seulement le récit d’un événement marquant dans la vie de Jésus, mais aussi, et surtout, une précieuse catéchèse sur l’Eucharistie.

Aujourd’hui, on décrit souvent les catholiques comme ceux qui vont à la messe. Ce n’est pas faux, mais c’est incomplet, car être catholique, c’est avant tout être un disciple de Jésus qui essaie de vivre sa vie en s’inspirant de sa personne et de son message. Être catholique, c’est aussi être conscient que nous portons un trésor, un germe de vie éternelle : l’Esprit saint. Le soir du jeudi saint, Jésus a dit à ses disciples : « La vie éternelle, c’est qu’il te connaisse, toi le seul vrai Dieu ». Connaître Dieu et Jésus en terme biblique, ce n’est pas se livrer à de hautes études théologiques, c’est simplement et humblement vivre l’Évangile dans l’ordinaire de notre vie. Comment est-il possible d’y arriver ? Saint Paul répond admirablement bien à cette question dans sa lettre aux Éphésiens. « Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. »

Il y a quelques années, le diocèse de Sherbrooke avait retenu une thématique pour son année pastorale : « Une foi semée, ça se cultive ». En effet, la foi se cultive par des rencontres, des lectures et par l’écoute de la Parole. On pourrait aussi affirmer qu’une foi semée doit se nourrir pour survivre. Comme on doit se nourrir quotidiennement pour garder la santé, la foi a besoin de se nourrir quotidiennement pour garder la forme. Le Christ se présente à nous aujourd’hui comme un bon pain, une nourriture indispensable à la vie. Il se fait Pain de la vie pour nous faire connaître Dieu son Père et Pain de la route pour soutenir notre marche ici-bas. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Évangile du dimanche 8 août 2021


Deux récits de création !

Parfois, des jeunes m’interpellent sur la naïveté des gens qui croient au récit de la création en sept jours que raconte la Bible. En guise de réponse, je provoque leur étonnement en leur apprenant qu’il existe deux récits de la création dans le livre de la Genèse. Selon le premier (1,1-4a), Dieu ne crée l’homme et la femme qu’en dernier lieu, le sixième jour, avant de se reposer le septième. Dans le deuxième (2, 4b-25), Adam et Ève sont présents dès le début de la création.

Cette importante différence entre les deux récits permet de se rendre à l’évidence : leurs auteurs ne cherchent pas à rapporter des faits historiques, mais plutôt à expliquer notre condition humaine en ce monde. Lorsque je demande aux jeunes s’ils croient qu’une véritable course s’est tenue entre le lièvre et la tortue de la fable, ils répondent non, bien entendu. La morale de cette histoire est-elle fausse pour autant? Répondre à la question aide à mieux saisir la valeur des récits de la création. Il importe de les aborder différemment des textes de type journalistique rapportant des événements vérifiables.

Que retenir donc de ces écrits? Difficile de résumer l’essentiel en si peu de mots. Le premier récit souligne que Dieu, dont nous sommes l’image, nous veut libres, debout, féconds et participants de son oeuvre de création, qu’il trouve bonne, voire très bonne. Le deuxième exprime les conséquences pour l’être humain d’user de sa liberté à mauvais escient, c’est-à-dire de décider de ce qui est bien et mal avec les seuls yeux de ses désirs et de ses émotions, sans le regard de l’âme.

Dany Dubois
Prions en Église, 11 avril 2021


Le Nouveau Testament regroupe les textes fondateurs du christianisme. Depuis des siècles, il inspire les personnes en quête de sens et de spiritualité et a marqué la culture occidentale. Quelles sont les diverses images de Jésus et de Dieu qu’il transmet ? Comment lire et interpréter les 27 livres qu’on y retrouve ? Un parcours catéchétique très intéressant est offert gratuitement sur Internet par SOCABI où il est possible de progresser à notre rythme au gré des lectures et des vidéoclips. Voilà une belle occasion de vivre un ressourcement pendant la période du carême, une retraite pour nourrir le coeur et l’esprit.

Ouvrir le Nouveau Testament


REDÉCOUVRIR LE NOTRE PÈRE

Le Notre Père ne veut souvent rien dire pour les jeunes. La majorité d’entre eux ne saurait le réciter. Parmi ceux qui le peuvent, peu en comprennent toute la profondeur. Ce constat m’amène à leur faire vivre une expérience particulière : réciter la prière de Jésus à l’envers. En effet, on en saisit mieux le sens en procédant ainsi. Tentons l’expérience…

« Délivre-nous du mal ». Tout part de là ! Le peuple hébreu crie dans le désert pour être enfin libéré, et il le sera. Jésus nous libérera de la mort et le baptême en est le signe visible. Maintenant que nous sommes libres, le Seigneur « ne nous laisse pas entrer en tentation », car nous pourrions alors vénérer de faux dieux, comme dans le désert, et oublier qui nous sauve vraiment. Si nous tombons, « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Oui, nous connaîtrons des rechutes, mais Dieu nous pardonnera. Et afin d’obtenir la force d’affronter ces épreuves, « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Après la manne dans le désert, voici maintenant le pain eucharistique.

En échange, dans ce contrat d’alliance, nous travaillerons pour « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », sachant que la volonté de Dieu ne se résume pas aux événements qui nous arrivent, mais à ce que nous faisons au coeur de ceux-ci pour demeurer fidèles et nous aimer les uns les autres. Ce faisant, nous serons des artisans, travaillant pour « que ton règne vienne, que ton nom soit sanctifié », car nous reconnaissons Dieu comme « Notre Père qui es aux cieux ».

Et voilà que les jeunes découvrent soudain une prière pleine de sens ! Et vous ?

Dany Dubois
Prions en Église, 22 novembre 2020


Dernière mise à jour de cette page : 9 septembre 2021