Lectures dominicales

En ce quatrième dimanche du temps pascal, la liturgie de l’Église nous présente un très court extrait de l’Évangile de Jean. À première vue, les paroles de Jésus semblent inoffensives. On pourrait croire à une déclaration d’amour. Pourtant, une fois replacées dans son contexte, les affirmations de Jésus sont explosives. Quelques jours avant sa mort sur la croix, Jésus enseigne au Temple de Jérusalem. Les autorités religieuses de ce lieu saint épient les paroles et les gestes de Jésus afin de trouver en lui quelques motifs de condamnation valables. Ils se font de plus en plus insistants : « Es-tu, oui ou non, le Messie ? » À cette question frontale, Jésus ne répond pas directement, mais il utilise des images bien connues de ses interlocuteurs: le berger et la main de Dieu. Il finit par une affirmation qui ne laisse plus aucun doute sur son identité : « Moi et mon Père sommes UN ». Tous attendaient un Messie qui serait un homme, mais personne n’imaginait qu’il puisse être Dieu… Pour ses interlocuteurs, c’était insoutenable.

Encore aujourd’hui, quand j’accompagne des adultes au catéchuménat ou à des parcours catéchétiques, cette affirmation de Jésus surprend. Curieusement, la plupart accueillent la résurrection de Jésus comme une réalité convenue de la foi chrétienne. En revanche, ils découvrent avec surprise que Jésus et Dieu sont UN. Pourtant, cette affirmation de Jésus est importante, car elle nous rapproche de Dieu comme jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité. Regarder Jésus agir, c’est voir Dieu agir envers son peuple ; écouter Jésus parler, c’est entendre Dieu nous parler. S’approcher de Jésus, c’est découvrir le coeur de Dieu.

Baptisé(e)s en Jésus, nous vivons maintenant de sa vie de Ressuscité. À nous aussi, il nous est demandé de faire UN avec Lui. Nous voir agir et parler dans le monde, c’est voir et entendre le Ressuscité. Malgré les difficultés et les obstacles qui se dresseront devant nous, marchons avec confiance, car rien ni personne ne peut nous arracher de la main du Ressuscité. C’est une promesse qui doit illuminer notre vie et garder ferme notre espérance. Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Lectures du dimanche 8 mai 2022


La Liturgie de l’Église nous propose une belle page de l’Évangile de Jean qui révèle des paroles profondes et des symboles puissants qu’il faut lire et relire lentement pour en apprécier toute la richesse. Quand saint Jean, aidé de disciples, rédige son Évangile, il y a déjà plusieurs années que les premiers témoins de la résurrection sont décédés. L’absence des premiers témoins et l’apparente « absence » du Ressuscité sont vécues difficilement par les premières communautés chrétiennes. D’entrée de jeu, Jean précise dans son texte que les portes et les fenêtres sont verrouillées. On peut douter que ce soit seulement les portes et les fenêtres qui étaient verrouillées ce jour-là. Il semble bien que le coeur des apôtres fût tout aussi verrouillé, emmuré et paralysé par la peur. Car suite à la mort violente de Jésus sur la croix, ces hommes ont peur et cette peur paralyse complètement leur engagement et leur ouverture au changement important qui s’annonce.

Voilà que Thomas pour sa part semble ne pas partager la peur de ses compagnons. Plutôt que de chercher Jésus dans les souvenirs et la nostalgie, il s’engage dans la lecture des nouveaux signes de la présence du Ressuscité. Quels sont ces signes ? L’évangéliste Jean en énumère trois en filigrane de son Évangile. Le premier signe qu’il rencontre est celui de la communauté. Jésus se manifeste à lui alors que la communauté des apôtres est rassemblée. Le deuxième signe est celui de la paix. Cette paix, Thomas a pu la ressentir et la lire sur le visage de Jésus comme sur le visage de ceux et celles qui adhéraient au christianisme naissant. C’est une paix qui chasse la peur et qui pousse à l’engagement. Enfin, le troisième signe que Thomas rencontre est celui du pardon. Il ne rencontre pas Jésus rancunier de la faiblesse des apôtres, mais plutôt le Christ, plein de tendresse et de bonté.

C’est toujours le même Ressuscité qui rassemble son Église le premier jour de la semaine. Est-il utopique aujourd’hui de parler de la communauté , de la paix et du pardon quand les chrétiens se rassemblent ? Je pense que non. Toutefois, il est plus que jamais urgent d’y croire ! Car ces signes de la présence du Christ ne naissent pas d’un coup de baguette magique. Ils exigent des coeurs prêts à l’accueillir. Comme les apôtres autrefois, nous sommes appelés à vivre des transformations importantes dans nos façons de « faire Église ». N’ayons pas peur et gardons confiance ! Le Ressuscité nous accompagne sur la route ! Bonne semaine !

Yvan, animateur paroissial

Lectures du dimanche 24 avril 2022


En Orient, bien avant la naissance de Jésus, on avait l’habitude d’accueillir avec faste et honneur des personnages illustres comme celui de la venue d’un roi dans une ville ou un village. On ouvrait alors pour lui une toute nouvelle route que l’on prenait soin de paver de fleurs et de branches d’arbres pour signifier le contentement et l’accueil chaleureux du peuple.

En ce dimanche des Rameaux, l’Évangile nous raconte que c’est de cette manière que l’on a accueilli Jésus à son entrée dans la ville de Jérusalem. C’est dire toute la reconnaissance et l’admiration du peuple pour ce prophète hors du commun. Nous connaissons bien la suite des événements qui ont marqué les journées de la semaine qualifiée de « sainte » : le repas d’adieu avec les apôtres (jeudi), la mort sur la croix (vendredi) et la résurrection au matin de Pâques (dimanche).

Avec la semaine sainte qui commence, nous sommes invités à revisiter nos chemins intérieurs, nos chemins de foi et de prière pour accueillir dignement le Christ qui vient à notre rencontre. Aussi, n’oublions pas que le Christ vient à nous sur des chemins parfois inédits. Que ce soit lors d’un coup de téléphone, d’un regard échangé, d’un appel au bénévolat, d’un mot d’encouragement ou lors d’un service rendu.

Il nous faut donc, pour le recevoir dignement en cette semaine sainte, revisiter et même retrouver nos chemins intérieurs, nos chemins de foi. Comment faire ? Tout d’abord en prenant soin de ceux et celles que Dieu met sur notre route et en les aimant comme le Seigneur nous a aimés, car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux et celles que l’on aime. Bonne semaine sainte !

Yvan, animateur paroissial

Lectures du dimanche 10 avril 2022


En ce quatrième dimanche du Carême, la Liturgie de l’Église nous propose une savoureuse parabole tirée de l’Évangile de saint Luc. Probablement l’histoire la plus connue et la plus commentée du Nouveau Testament. Elle met en évidence trois personnages qui incarnent des rôles et des attitudes très différents. Alors qu’en Église, nous avons souvent mis la lumière sur l’attitude ingrate du fils cadet qui dépense l’héritage du père ou sur le fils aîné qui refuse la réintégration de son frère dans la famille, il est bon de savoir que l’attitude la plus scandaleuse aux yeux des contemporains de Jésus n’est pas celle des deux fils, mais plutôt celle du père.

Au temps de Jésus, il était inconcevable que le père, propriétaire de la ferme familiale, autorise son plus jeune fils à partir avec une part de son héritage. Il l’aurait plutôt mis à la porte pour son insolence. Aussi, il est peu probable qu’un père de famille fasse le guet, jour après jour, pour voir si son fils ingrat reviendrait à la maison. Ça aurait été là un signe de faiblesse et un manque d’autorité inacceptable. Enfin, il était absolument hors de question pour un père de famille d’accourir auprès de son fils lui ayant manqué autant de respect pour l’embrasser, l’accueillir comme un héros et organiser une fête pour son retour. Tout au plus, il aurait été embauché comme simple employé, exactement comme le suggère le fils aîné. Des fils ayant des attitudes irrespectueuses étaient une réalité observable au temps de Jésus. Mais un père qui va jusqu’à s’abaisser comme dans l’histoire de Jésus, c’était dans l’ordre de la fiction. Alors, imaginons l’effet sur les disciples, quand Jésus compare l’attitude du père de la parabole à celle de Dieu, le tout-puissant…

Ce qui fait scandale dans l’histoire de Jésus, c’est la bonté et le pardon inconditionnels accordés par le père. La bonté et le pardon possèdent cette capacité merveilleuse de susciter chez ceux et celles qui en bénéficient un courant de sympathie extraordinaire et une paix intérieure. On dit de cette parabole qu’elle révèle les convictions profondes de Jésus sur Dieu. Mieux qu’un cours de catéchèse, mieux qu’un écrit théologique, mieux qu’une encyclique pontificale, elle nous révèle le visage de Dieu. Chercher Dieu en Jésus, c’est rencontrer le père de la parabole, et non pas le Dieu des philosophes et des savants. Que cette parabole inspire nos gestes et nos paroles cette semaine. Bon Carême, bon printemps spirituel !

Yvan, animateur paroissial

Lectures du dimanche 27 mars 2022


Dernière mise à jour de cette page : 5 mai 2022