L’avenir

Cette page est une synthèse de la rencontre du 20 mars 2022 sur l’avenir
de l’église La-Résurrection-du-Christ et de la paroisse Saint-Paul
.
Elle présente aussi des réflexions de personnes engagées
dans la communauté chrétienne et catholique
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Rencontre du 20 mars 2022

D’entrée de jeu, l’animateur paroissial Yvan Demers présenta les raisons d’être de la rencontre :

  1. Présenter l’historique des derniers mois.
  2. Présenter les offres d’achat non sollicitées pour l’église La-Résurrection.
L’animateur, monsieur Yvan Demers, s’adressant aux paroissiens présents

Dans les trois communautés, les constats sont identiques. La participation des paroissiens aux célébrations, depuis quelques années, est en déclin. Le bénévolat et l’engagement sont aussi en décroissance : un appel fait sur le site internet de la paroisse est resté pratiquement sans réponse. Dans chacune des communautés, ce ne sont que quelques personnes qui acceptent de s’engager. Du côté des finances, la situation n’est pas plus reluisante, les dépenses excédant de façon significative les revenus des années 2015 à 2021. Le marguillier et président de la Fabrique Saint-Paul, Monsieur Serge LeBlanc, a présenté à cet effet un tableau détaillé des revenus et des dépenses pour chacune des communautés paroissiales.

Monsieur Serge LeBlanc

Monsieur Demers a par la suite indiqué qu’une nouvelle donnée s’est greffée au tableau de la situation de la paroisse lorsqu’au printemps de l’année 2020, deux (2) offres d’achat non sollicitées pour l’église La-Résurrection ont été présentées. Comme l’église n’était pas à vendre, ces offres ont été refusées mais les promoteurs en cause sont revenus à la charge aux six (6) mois depuis.

Madame Anne-Marie Laffage

Madame Anne-Marie Laffage, responsable du soutien aux paroisses à l’archidiocèse de Sherbrooke, a par la suite fait part à l’assemblée que des choix difficiles et inévitables sont à venir. La viabilité d’une paroisse repose sur des critères tels que la fréquentation aux célébrations, la capacité de trouver un célébrant, l’engagement bénévole, la vitalité en dehors des célébrations dominicales, la capacité financière annuelle, etc., tous ces facteurs étant en déclin à la paroisse Saint-Paul. Elle nous a informé que le portrait de la paroisse Saint-Paul est semblable à celui des autres paroisses du diocèse de Sherbrooke.  À ce chapitre, la paroisse Saint-Paul ne fait pas exception à une tendance observée partout au Québec.  De plus, les quatre (4) grandes régions de l’archidiocèse seront divisées, en 2023, en dix (10) secteurs car on prévoit que, d’ici cinq (5) ans, il n’y aura plus que dix (10) prêtres actifs pour servir toutes les paroisses du diocèse. La région de Sherbrooke, quant à elle, sera divisée en trois (3) secteurs. La paroisse Saint-Paul, à l’hiver 2023, sera intégrée au secteur Bellevue, qui comprendra aussi les paroisses Bienheureuse Marie-Léonie-Paradis, Sainte-Marguerite-Bourgeoys, Sainte-Élisabeth de North Hatley et Sainte-Catherine de Hatley. Ces cinq (5) paroisses représentent neuf (9) églises à desservir; on peut donc aisément imaginer les difficultés à assurer les célébrations et autres services dans autant de lieux…et s’attendre à des fermetures d’églises.

Madame Laffage a ensuite abordé le sujet de la possible vente de l’église et du terrain de La-Résurrection-du-Christ en précisant que la décision finale revient aux six (6) membres de l’Assemblée de fabrique et à eux seuls. Advenant la vente, elle a souligné la chance que les paroissiens de Saint-Paul auront d’avoir encore deux lieux de culte, alors que les communautés n’ayant qu’une seule église perdent tout. La représentante de l’archidiocèse a précisé que tout peut être vendu : meubles et autres objets dans l’église, bâtiment, terrain, sauf les objets consacrés. Les argents de la vente vont dans un fonds patrimonial. Un fonds patrimonial est un fonds réservé pour la paroisse Saint-Paul et géré par l’archidiocèse de Sherbrooke. La paroisse pourrait avoir recours à un tel fonds pour répondre à un besoin urgent mais elle doit faire à l’archidiocèse la démonstration de sa viabilité; une paroisse qui accumule, année après année, déficit sur déficit, ne pourrait y accéder.

En conclusion, l’animateur Yvan a précisé que les prochaines étapes seront le constat et la prise de position des membres de l’Assemblée de fabrique, suivies du lancement d’un appel d’offres auprès de la population.

Les marguillières et les marguilliers désirent remercier toutes les paroissiennes et tous les paroissiens qui ont participé aux réunions tenues le 20 mars dernier au sujet de l’avenir de l’église La-Résurrection-du-Christ. Vos commentaires et les questions soulevées ont enrichi la réflexion de l’Assemblée de fabrique. Suite à une demande qui a été formulée, vous trouverez aux entrées de nos églises paroissiales, les documents qui ont été présentés et commentés lors des réunions de 14h et 19h.


L’Assemblée de Fabrique a reçu 7 offres d’achat pour l’église et le terrain de La- Résurrection-du-Christ. Les marguilliers et les marguillères analysent présentement chacune des offres et prendront une décision finale le lundi 30 mai 2022.

Source : Infolettre Saint-Paul, 15 mai 2022


Lire le passé, pour apprivoiser le moment présent et l’avenir

Que de mieux, pour entrer dans le « vivre au présent » et se préparer à accueillir « le devenir », que de regarder le chemin parcouru et ce qui en a tracé la voie. À travers ce parcours de la vente de l’église La-Résurrection-du-Christ, des questions me sont montées au coeur. Comment en suis-je arrivé là où je suis aujourd’hui ? Pourquoi ai-je adopté cette communauté chrétienne ? Ces questions sont d’autant plus importantes que j’habite dans l’est de la ville de Sherbrooke depuis 42 ans, et que j’oeuvre dans une communauté située complètement à l’ouest de celle-ci.

Il faut savoir que dès mon tout jeune âge, ma communauté chrétienne fut celle de l’église Saint-Roch. Très jeune, à l’exemple de mes parents, je me suis engagé au service de l’Église, d’abord comme servant de messe, puis comme lecteur et ensuite, au sein du comité de liturgie. C’est d’ailleurs par l’engagement à ce comité que j’ai rencontré Suzanne, celle qui est devenue mon épouse. Nous nous sommes mariés à l’église de Saint-Roch. Mon épouse ayant déjà un appartement dans l’est de la ville de Sherbrooke, moi quittant la maison familiale, c’est là que nous avons décidé de débuter notre vie de couple. Suzanne était organiste pour la chorale de Saint-Roch. On m’a invité à m’engager comme chanteur. Avec le temps, j’en suis devenu directeur adjoint et quelques années plus tard, le directeur. L’arrivée de l’abbé Jolicoeur au sein de cette paroisse a bouleversé les projets de la chorale, jusqu’à remettre en question son existence. Dans la recherche du maintien en vie de la chorale, des membres de la communauté La-Résurrection-du-Christ nous ont invités à les rejoindre. De fil en aiguille, la chorale s’est graduellement intégrée à la nouvelle communauté. Mon épouse et moi, forts de notre expérience, nous avons accepté d’autres fonctions et responsabilités (animation, sacristains, comité de liturgie, comité de pastorale, etc.).

Quand je regarde cela, je constate que j’ai davantage été choisi que j’ai choisi. Ma motivation était celle d’être au service, d’offrir mes talents, de vivre ma foi et de me sentir vivant. Je prends maintenant conscience que les lieux et les moyens m’importaient peu. C’était ma motivation profonde qui, dans les faits, traçait la route, écrivant le quotidien, entraînant sur son passage, des pertes, des deuils, des nouveautés et de la renaissance. Tout compte fait, l’engagement dans cette motivation profonde a, malgré tout, bien préparé l’avenir. Avec le temps, j’ai appris, qu’à me laisser bercer par cette vague du temps, poursuivant ma motivation profonde sans complètement en définir les tenants et aboutissants et en m’ouvrant à ce que m’offre la vie, cela a fait de moi un être de plus en plus accompli. Bref, poursuivre sa motivation profonde (encore faut-il l’identifier, en laissant le temps nous la présenter) fut pour moi un gage de jours meilleurs, faisant de moi un être encore plus libre et heureux. Et toi ? Que te révèle ton passé sur ta motivation profonde, ta façon de t’y engager, de vivre ton actuel présent en vue de l’avènement de ton demain ?

Benoît Couture, membre de l’Équipe pastorale

Source : Infolettre Saint-Paul, 1er mai 2022


Le choix de prendre le chemin de vie avec le Christ

Le 20 mars 2022, les marguillières et les marguilliers de la paroisse ont tenu deux rencontres importantes au sujet de l’avenir de l’église La-Résurrection-du-Christ. Quel paradoxe dans les termes ! Des offres d’achat concernant l’église La Résurrection-du-Christ (signe de vie) et au même moment, un état de perte et de deuil. Sommes-nous donc, comme le Christ, invités à emprunter un chemin de mort pour renaître à la vie encore plus forts et plus libres ? Pour entrer et prendre ce chemin de vie que le Christ nous propose, je retiens deux éléments essentiels à notre réponse. Le premier est une invitation à cesser de jouer au tout puissant. Le Tout Puissant, c’est DIEU, pas nous. Le second élément est l’acceptation profonde et active de la réalité comme elle se présente à nous.

J’étais présent aux deux rencontres. Depuis ce temps, je suis à l’écoute des commentaires des gens. J’observe, à peu de choses près, les mêmes réactions que moi-même j’ai vécues il y a deux ans. Face à l’effet de choc de la nouvelle, nourri par mes propres convictions et mes besoins, les premières interventions furent de nature réactionnelle : tentation d’expliquer la situation en cherchant la cause à l’extérieur de moi, mettre la faute sur la pandémie, jouer au tout puissant comme si je possédais le contrôle et la vérité sur la situation. Comme si mes réactions et mes commentaires pouvaient faire en sorte de m’éviter de ressentir de la souffrance ou me permettre de fuir la difficile réalité du moment. J’avoue, à ma grande surprise, que ma vision était différente de la réalité du moment. Le portrait que je me faisais de la vie de la communauté La-Résurrection-du-Christ était beaucoup plus beau que la réalité. J’en avais occulté une partie sombre. Cela m’a invité à travailler l’acceptation de la réalité des faits : me mettre à l’écoute de mes états d’âme, en ne cherchant pas à les amoindrir ou à les amplifier, seulement à leur être présent au moment de leur passage. À reconnaître que devant ces faits dérangeants, il y en a peu sur lesquels j’ai le contrôle, que je suis en état de souffrance et que plusieurs inconnus se présentent devant moi. Tous les jours, je suis invité à dire un « oui » clair et définitif à ce que la vie m’apporte. Je constate que c’est un acte intérieur vital que la vie m’invite à poser. C’est, à partir de là, à me demander ce que je peux faire et faire silence pour faire émerger une réponse. C’est choisir un tremplin vers la vie, refuser d’emprunter la voie de la mort définitive.

Aujourd’hui, je ne connais pas où me mènera le chemin de vie. Est-ce qu’il y aura une vente ou non ? Que sera fait demain ? Pour le savoir, j’ai à emprunter le chemin de vie avec le Christ dans la confiance, sachant que sur ce chemin, il est important de me rappeler que le Christ me précède, et me guide par son ESPRIT SAINT. Je passerai, sans l’ombre d’un doute, par des morts à mon petit moi, mais plus tard, je constaterai que le résultat a obligatoirement mené à la vie. C’est la promesse que DIEU m’a faite et qu’il nous a tous faite. À son exemple et à son image, nous aussi nous vaincrons la mort (à découvrir) et renaîtrons à la vie (don à recevoir gratuitement).

Benoît Couture, membre de l’Équipe pastorale

Source : Infolettre Saint-Paul, 10 avril 2022


Réflexion d’un paroissien

Je suis parmi vous depuis nombre d’années à animer par le chant nos célébrations hebdomadaires. Un an après la réunion des paroisses Saint-Élie, Deauville et Résurrection, je me suis joint à l’équipe pastorale Saint-Paul. J’ai connu la fermeture de l’église de Deauville et l’arrivée de l’église Saint-Roch dans la paroisse.

En cette année 2022, avec l’entrée en Carême, un autre événement majeur se pointe, celui de l’avenir de l’église de La-Résurrection. Étant au courant depuis plusieurs mois de cette situation, et membre actif de cette communauté, je me suis retrouvé à vivre en silence l’arrivée soudaine de cette nouvelle.

J’ai vécu déni, peur, incertitude, révolte, colère, etc. Malgré la pandémie, la persistance de l’offre, le profil de l’avenir rapproché et le temps m’ont amené à me poser la question suivante : quelle est la volonté de Dieu dans tout cela ?

Qu’est-ce qui est important pour moi, l’avènement du ROYAUME DE DIEU ou celui du matériel ? L’avènement de son ROYAUME doit-il passer par ce chemin de deuil, de perte potentielle ?

Je vous avoue que je n’ai pas la réponse, mais cette prise de position a ouvert mon coeur à accueillir ce chemin vers l’inconnu. Mon attitude est devenue celle de l’écoute de mes états d’âme, de la recherche de signes dans le présent. Elle est devenue aussi celle de l’abandon de mes positions fermées pour m’ouvrir à celle en devenir, toujours à la recherche de la vérité divine.

Mon souhait le plus profond est qu’ensemble, nous puissions entreprendre cette route de recherche de la vérité, que chacun accepte de mourir un peu à lui-même, pour renaître à la vie nouvelle. C’est spécial que la paroisse Saint-Paul ait à vivre cet événement en plein temps de Carême, temps où le Christ a passé par la mort pour renaître à la vie éternelle…

Qu’est-ce qui, dans ce monde, doit mourir pour faire place à la vie promise du ROYAUME DE DIEU ? Bonne RÉFLEXION !

Benoît Couture, membre de l’Équipe pastorale

Source : Infolettre Saint-Paul, 20 mars 2022


Commentaires extraits de la page Facebook de Mélanie Caron


Dernière mise à jour de cette page : 12 mai 2022